La vie intérieure


Cet hiver interminable me pousse encore davantage à vivre de manière un peu recluse et à continuer d'alimenter mon monde intérieur. Depuis toute gamine ce qui se passe dans les livres me semble plus intéressant que ce qui se passe dans la vraie vie. C'est sans doute aussi une manière de tenir à distance cette réalité quelquefois effrayante et d'éviter d'avoir à prendre des risques. Bref, le mauvais temps me donne une bonne excuse pour faire ce que je préfère, rester de longs moments à lire ou regarder des films qu'on m'a conseillés ou choisis par hasard, juste au feeling. Parmi mes derniers coups de coeur, il y a La Ballade de l'impossible de Haruki MURAKAMI. Jusque-là la littérature asiatique m'était inconnue mais ce n'est pas désagréable de se plonger dans une autre culture, avec des références différentes, cela contribue à l'intrigue déjà très mystérieuse pour moi. C'est l'histoire d'un jeune homme, Watannabe, amoureux de la fiancée de son meilleur ami qui s'est suicidé. Je n'ai pas encore terminé mais je suis impatiente le soir de retrouver cette histoire et son héros pour savoir où l'auteur veut en venir.
Avant ça j'ai dévoré Mille soleils splendides de Khaled HOSSEINI, dont Caro m'avait fait découvrir les Cerfs-volants de Kaboul. Mariam et Laila m'ont tenu compagnie pendant mon périple londonien et j'ai ainsi pu mieux comprendre la condition féminine en Afghanistan et du même coup apprécier la liberté dont je jouissais dans cette ville déjà synonyme d'indépendance pour moi.
Dans un autre espace-temps, mais finalement pas si éloigné que ça puisqu'il est là aussi question de femme et de combat pour la liberté, j'ai lu Tant que je serai noire de Maya ANGELOU. Aux USA dans les années 60, une femme fait évoluer la cause des noirs défendue par Martin LUTHER KING et MALCOM X tout en essayant de se faire respecter en tant que femme, mère célibataire et artiste.
Pour en finir avec les livres, le Torturez l'artiste! de Joey GOEBEL m'a permis de m'interroger sur la valeur de la culture aujourd'hui: Nouvelle Renaissance est une académie fondée dans le but de former des artistes pour relever le niveau de la culture américaine par le biais du divertissement (chanson, séries tv, film, ...).
Et puis il y a les films: coup de coeur absolu pour Julie and Julia avec la géniale Meryl STREEP, qui donne envie de croquer la vie à pleine dents, de cuisiner, de parler fort, de se lancer des défis... Vu hier It's a free world de Ken LOACH, où comment une mère célibataire en Grande-Bretagne monte un traffic de sans-papiers pour se sortir de la galère, un film qui fait réfléchir sur la morale (la fin justifie-t-elle les moyens?). Pour rire et admirer le talent de Jim CARREY, I love you Philipp Morris. Enfin pour se reconnaitre et s'interroger sur le côté inévitable des choses, Les Noces rebelles, avec le fameux couples DI CAPRIO/WINSLET.
Toutes ces choses tournent donc dans ma tête, une lecture alimentant un film, une question en amenant une autre et c'est sans fin, mais que serions-nous sans nourritures célestes?

London calling









Tous les 3 ou 4 ans je ressens l'appel de Londres. C'est inexplicable, c'est irraisonné mais il faut alors que je retourne dans cette grande ville découverte avec ma grand-mère puis explorée tous les week-ends pendant les 2 mois de mon stage en Grande-Bretagne, puis à maintes reprises pour rendre visite à ma soeur. J'y retourne maintenant juste pour satisfaire à cette soif: descendre Oxford Street, bifurquer vers Picadilly pour rejoindre Covent Garden, longer la Tamise et traverser le millenium Bridge, errer dans la Tate Modern, retraverser le fleuve en direction de Trafalgar Square, arpenter la National Gallery... et s'arrêter chez Liberty, flâner dans les rayons de Harrod's, devenir hystérique en découvrant Primark, retrouver Topshop, rechercher un A dans les caisses de lettres de Urban Outfitters, savourer une jacket potatoes dans un charmant salon de thé, acheter des scones, déguster mes premiers cupcakes, me brûler la langue avec un chaï tea latte au Starbucks, marcher dans Hyde Park et tomber sur l'entrainement de la garde royale à cheval, apprécier la gentillesse des Londoniens.
C'est pour toutes ces raisons et pour plein d'autres encore que j'aime cette ville, où je me verrais bien vivre, à tel point que j'ai bien failli ne pas rentrer!