
Je reçois ce matin ce dessin de mon neveu Sam. Jaune, rose, bleu, vert, des gommettes et des traits, tout y est. En dehors du fait que ce petit fait déjà preuve d'une grande sensibilité pour les couleurs et la composition dans l'espace (c'est normal, c'est mon neveu), son dessin est un condensé de pureté et d'innocence, c'est l'enfance incarnée.
Je lis cet après-midi le livre conseillé par Caro: L'amour est très surestimé (c'est de circonstance), est tout est là; l'amour qui finit, les questions qu'on se pose, ce à quoi on ne croit plus, la fin de l'innocence.
Mais qu'est-ce qui s'est passé entre ces deux instants? Pourquoi la vie paraissait-elle pleine de promesses et petit à petit le ciel s'est-il voilé et l'horizon paraissait moins net.
Je pose ce dessin devant moi et le regarde pendant des heures en essayant de me fondre dedans, en essayant de comprendre où tout a basculé, pour retrouver cette sensation perdue. Non, pas perdue. Bien enfouie, camouflée sous un cynisme cinglant, une agressivité pleine de provocation, bien protégée par une armure en fer qui me fait le dos tendu et noué.
Je veux garder l'Enfant qui est en moi.
