Repartir à zéro


Non ce n'est pas ma devise pour 2009, mais le titre d'une expo au Musée des Beaux Arts de Lyon qui se termine le 2 février prochain. Je n'ai qu'un conseil: courez-y vite! On a rarement l'occasion de voir des POLLOCK, ROTHKO (dont une toile illustre cet article), ou SOULAGES à côté de chez soi et pour ma part rien ne me fait plus de bien que de me plonger dans des toiles.
L' expo traite de la manière d'envisager la peinture à la fin de la IIème Guerre Mondiale, le monde entier sous le choc de la révélation de l'extermination des Juifs mais avide de vivre et de créer librement. Le parcours se décompose en plusieurs étapes, du point O: expérimenter, au point 1: témoigner, et ainsi de suite. Les peintres cherchent et essayent, usent du trait, du vide, de la déconstruction, de la couleur, de l'absence de couleur, ils s'affranchissent des règles et abandonnent l'idée de la représentation pure. La surface blanche de la toile est une nouvelle surface vierge où tout reste à créer comme ce nouveau monde qui émerge, séparé entre Est et Ouest.
Ce qui est émouvant au regard de cette exposition, c'est de constater que même si l'Homme est capable du pire, jusqu'à sa propre destruction, il est aussi capable de renaître de ses cendres pour tenter de donner du sens. Quand cela n'est plus possible, il trouve encore les ressources pour créer autrement: l'action painting, les expériences de POLLOCK en sont la preuve. Moi qui suis toujours émue de voir la trace de l'artiste dans chacun de ses coups de pinceau, je resterai des heures à suivre les méandres de la peinture coulée directement du pot, les accidents survenus par la rencontre de deux couleurs. Je m'immerge complètement dans les "vibrant red" ou autres couleurs de ROTHKO, qui ne représentent peut-être rien (et alors?) mais sont véritablement hypnotiques et détiennent le pouvoir de nous renvoyer à nous mêmes.
Pourquoi aller voir cette exposition, même si on n'aime pas la peinture? Parce qu'elle nous dit que même si le pire est arrivé, il reste toujours de l'espoir.

L'art de la simplicité (ou pas)


Dans l'absolu, mettre de la simplicité dans sa vie ne peut qu'être bénéfique: gain de temps, d'énergie, de liberté et j'en passe. A la lecture de cet ouvrage conseillé par devinez-qui, l'Art de la simplicité de D. LOREAU j'étais convaincu du bien-fondé de cet art de vivre inspiré par celui des Japonais, zen et évident. Manger moins et mieux, ne s'entourer que de peu d'objets mais de la meilleure qualité, apprendre à ne rien faire, s'adonner à la contemplation, prendre soin de son corps et de son esprit, se soumettre à une certaine discipline pour se sentir plus fort, sont des principes que j'avais déjà entrevus par la pratique du yoga et dont j'avais pu apprécier les bénéfices quasi immédiats. "Simplifier sa vie c'est l'enrichir", alors trions, vidons, sélectionnons, choisissons, pour vivre mieux.
Oui mais voilà: madame LOREAU n'est pas une fan de mode. Madame LOREAU ne lit pas ELLE. Madame LOREAU ne connait pas les soldes! Je veux bien manger dans un bol en bois des légumes à la vapeur, j'adore mon quart d'heure matinal d'étirements et d'exercices de respiration, je sais apprécier le moment présent et l'ennui n'est pas mon ennemi. Par-contre ne me demandez pas de me contenter d'une paire de chaussures d'hiver et une pour l'été, de quelques tenues simples, élégantes et inusables! J'aime la mode, je suis folle de tissus et rien ne me réjouit plus que d'exprimer ma créativité en m'appropriant les tendances de chaque saison avec mes petits moyens.
Simplifier ma vie d'accord, mais en restant passionnée, en conservant ma futilité et mon coté fifille, en ayant la possibilité de discuter chiffons avec les copines. Tout ça ne m'empêchera pas de faire mienne cette parole d'un taoïste: "Je bois mon thé, je mange mon riz. Je passe le temps comme il vient, admirant le torrent qui coule plus bas et regardant là-haut les montagnes. Ah que de liberté, que de paix!"

Out of africa







GO TO BAMAKO










Avez-vous vu la future campagne Vuitton pour l'été avec Madonna en guest star? Il flotte dans ces photos comme un parfum d'Afrique, très discret mais persistant, une influence venue du continent noir qui me ravit. Bien sûr le thème africain est récurrent en mode, mais il est ici traité plus subtilement que par les motifs peau de bêtes vus et revus, les matières un peu "roots", l'accumulation de bijoux en bois et autres cauris (coquillages porte-bonheur). Il apparait en petites touches dans un univers complètement décalé, il est dompté, la mode se l'est appropriée au lieu de simplement le retranscrire. L'afrique est dans les plumes colorées, dans les bracelets nombreux, dans les chaussures bijoux, et pourtant acoquinée à une veste de tailleur on ne peut plus stricte l'Afrique est là, dans le téléscopage de deux mondes. En écumant les cahiers où j'archive articles et photos j'ai retrouvé les pages que j'avais consacrée au travail de Peter Beard, photographe de mode installé en Afrique, dont les carnets de voyage sont une source inépuisable d'inspiration. Je repense aussi à une des premières collections de John Galliano pour Dior, véritable hommage aux tribus masaï.
Peut-être n'adopterez-vous pas la tendance Afrique cet été, je vous laisse néanmoins admirer le travail de ces créateurs qui sont comme des éponges et de vrais investigateurs quand il s'agit moins de nous parer que de nous faire voir du Beau.

Dries, ebay, le bric à brac et moi








Je suis tombée au début de l'hiver sur les photos du défilé de Dries Van Noten, et je ne m'en suis toujours pas remise. Je suis tombée au bric à brac des sans abris sur un tas de vieux bracelets à 1 ou 2 euros, et je les ai tous achetés sans trop savoir pourquoi: simplement les couleurs me plaisaient. Enfin je suis tombée par-hasard ( bon j'admets je cherchais un peu) sur un gilet en lapin vendu sur ebay, c'était la première fois que je participais à une enchère et je l'ai remportée. Quelques semaines de gestation plus tard, après avoir rangé les bracelets dans un ordre, puis dans un autre, attendu mon colis plus que nécessaire, visionné et revisionné les arrangements magiques de mon créateur belge préféré, voila ce à quoi j'ai abouti.
Finalement c'est peut-être ça la vie: un élément, une rencontre, un évènement se produisent sans qu'on y prête plus attention, et avec un peu de recul toutes ces choses mises bout à bout avec un peu de travail et d'imagination forment un tout harmonieux. Qu'il en soit ainsi en 2009!